centenaire de l’armistice
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Notre page d’histoire

11 novembre 1918 : la fin d’un désastre

Avant toute chose un grand merci aux enseignants qui ont préparé avec leurs élèves la cérémonie officielle du centenaire de l’armistice. Faire connaître notre passé et expliquer les enjeux de cette Grande Guerre ne peuvent que construire l’engagement citoyen à venir de nos jeunes.

CCérémonie du 11 novembre

Merci à nos écoliers qui sont venus devant le monument aux morts pour participer activement à la cérémonie en exprimant quelques uns de leurs travaux et en chantant notre Hymne National. Merci aux parents qui les ont accompagnés et ont ainsi participé à ce moment de partage amical. Merci encore aux anciens combattants avec les drapeaux pour honorer le monument aux morts et les victimes de toutes les guerres.
Notre monument aux morts a été voulu par le conseil municipal « pour rendre hommage aux héros de la guerre » lors d’une réunion le 22 décembre 1918. Une somme de 500 francs est votée le 4 mai 1919 le projet prend forme avec cette note du sous préfet de Lavaur : pour faire figurer les noms des soldats morts pour la France, une autorisation gouvernementale sera obligatoire, d’autre part il sera interdit d’apposer des signes ou emblèmes religieux sur le
monument. Un supplément de 1000 francs vient compléter le financement.
Le 29 juin l’emplacement est prévu « entre l’église et le mur nord du porche. » Le monument ne sera inauguré qu’en 1921. Il fallait attendre les décisions du tribunal pour statuer sur le sort des disparus et avoir ainsi la certitude du décès.

La guerre est finie !

11 novembre 1918, la nouvelle se propage vite : l’armistice vient
d’être signé, la guerre est finie !
A Saint Germain des Prés comme ailleurs le soulagement l’emporte
sur la liesse, les cloches sonnent pour annoncer la fin des
souffrances et célébrer la victoire mais toutes les familles sont
endolories et parfois cruellement.
26 appelés ne reviendront pas, ils laissent des familles dans la
souffrance, ils gisent quelque part sous le sol défoncé du front,
certains sont encore portés disparus, il sera difficile de faire le deuil.
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Ceux qui vont retrouver leur foyer, blessés et meurtris ou même physiquement intacts, garderont longtemps en eux la
plaie ouverte de leurs années de guerre. Ils vont retrouver la maison, un foyer mais ne seront plus jamais les mêmes. Marqués par la fraternité des armes dans les tranchées et les cantonnements, ils auront du mal à se réinsérer dans une société qui ne peut pas comprendre et évaluer l’ampleur de leur sacrifice.
Saint Germain a vu la liste des victimes s’allonger dans cette dernière année de guerre, trois nouvelles victimes endeuillent la commune à quelques mois de la délivrance.
Raoul Maisonneuve, incorporé au 80 e régiment d’infanterie encaserné à Narbonne meurt dans l’ambulance qui l’a pris en charge lors des violents combats près du mont Kemmel dans les Flandres belges. Il a été gravement blessé le 13 mai à 2 h près du village de Millekruis et inhumé à Lissenthock près de Poperinghe.
Quelques jours après, le 31 mai, il recevra à titre posthume la croix de guerre avec la citation suivante « Téléphoniste brave, plein de sang froid ; blessé grièvement le 13 mai 1918 en construisant des lignes téléphoniques ». Il avait 23 ans, il était le fils de notre instituteur et exerçait le métier de comptable dans l’Aveyron à Carcenac Peyrales, canton de Sauveterre. Henri Larroque, incorporé au 133 e régiment d’infanterie basé à Belley dans l’Ain. Malade le 10 novembre 1917, il est évacué du front puis, plus tard, affecté au 152 e régiment d’infanterie, le fameux 15-2 basé à Gérardmer.
Il participe à la deuxième bataille de la Marne entre le mois de mai et juillet 1918. Bataille décisive pour la suite des opérations car elle marque le début de la fin pour l’armée allemande, mais ces combats coutèrent très cher en vies humaines à l’armée française (environ 100 000 tués) qui combattait là aux côtés des Américains. Henri est mortellement touché au bois de la Beuvardelle commune de Beuvardes dans l’Aisne le 25 juillet 1918. Il allait avoir 22 ans.
Le 25 mai 1922 il recevra à titre posthume la médaille militaire avec cette citation « Bon soldat, brave et dévoué, tombé glorieusement pour la France le 25 juillet 1918 à Grange aux bois ; Croix de guerre avec étoile de bronze ». Sa famille résidait en Valette. Henri Solomiac, de Farinières, né le 17 octobre 1895 à Toulouse. Jeune lieutenant, il est affecté au 117 e régiment d’artillerie lourde, formé à Toulouse. Blessé, il est admis dans une annexe de l’hôpital parisien du Val de Grâce, il décède le 1 er novembre 1918. Avant la guerre il résidait à Toulouse, il était le petit fils du maire de Saint
Germain des Prés, lui aussi mobilisé. La famille Solomiac est une famille notable de la commune et l’a administrée pendant de nombreuses années.
1918 avait mal commencé : le doute, la lassitude et même le découragement avaient touché la France, de la ligne de front
jusqu’aux provinces les plus éloignées des combats. Nous perdions nos alliés russes et les américains, nouvellement débarqués n’étaient pas encore tout à fait prêts, nos troupes étaient à bout de souffle et le pays exsangue, pourtant la victoire était au bout. Mettons en avant le courage de nos soldats et leur abnégation, la compétence des chefs militaires, le poids économique et militaire de nos alliés et en parallèle la défaillance de nos adversaires et leur épuisement.
En cette année du centenaire de l’armistice et de la victoire, il faut insister sur le sacrifice de nos soldats. Cette guerre a été un grand tournant. Grâce à nos combattants, la France a retrouvé ses frontières et l’honneur perdu de 1871, mais elle a su garder et même renforcer sa démocratie. Les empires autocratiques ont été renversés et partout les Droits de l’Homme se sont exprimés pour faire vivre la liberté des peuples. Nos soldats ne sont pas morts pour rien, le brassage des populations allait faire avancer les mentalités.
Le progrès technique (industrie automobile, aviation, chimie, communications …) déclenchait aussi un bouleversement des modes de vie. Une nouvelle ère pouvait commencer, mais après avoir gagné la guerre il faudrait savoir gagner la paix !

Pierre Escande

 

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