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L’association Les Vallons

L’A 69 Castres -Toulouse ??? Entre incohérence et aberration

Le projet de la Liaison Autoroutière Castres – Toulouse (LACT) par mise en concession a fait l’objet d’une Déclaration d’Utilité Publique (DUP) par Décret du Premier Ministre en date du 19 juillet 2018.
Partant, France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées, le Collectif des Maires opposés au projet autoroutier et l’association La Coulée Verte, ont engagé trois recours en annulation devant le Conseil d’État pour faire valoir que ce projet n’est pas la réponse adaptée aux besoins de nos territoires et encore moins aux enjeux à venir ; défis énergétiques et climatiques, défis de la sécurité alimentaire, défis sanitaires, défis d’aménagement du territoire. Laissons dire le Droit.
Cependant s’il existe, selon M. E. Macron, Président de la république, une alarme sociale, sanitaire et environnementale, tous les discours toujours pavés de bonnes intentions n’y suffiront pas. L’État ne peut plus aujourd’hui dire tout sur tous ces défis et faire dans ses décisions des choix totalement contraires.
On ne peut d’un côté tenir un discours sur le changement climatique, la nécessité de réduire l’usage de la voiture individuelle au profit des transports en commun ou des modes doux, privilégier l’amélioration de l’existant plutôt que de réaliser de nouvelles infrastructures artificialisant toujours plus de terres agricoles et d’espaces naturels, et d’un autre côté décider de réaliser un projet d’autoroute sans s’être préoccupé de vérifier qu’on ne pouvait pas faire mieux autrement.
Toute politique peut assumer ses contradictions mais elle ne peut en rien cautionner ses inconséquences ou ses incohérences. Alors, si l’un des enjeux essentiels du devenir et de l’organisation du territoire est la maîtrise de l’étalement urbain avec pour corollaire la préservation des terres agricoles nécessaires pour assurer notre sécurité alimentaire, alors on ne peut autoriser un projet « … facteur de risque d’étalement urbain et de dilapidation de l’espace…». (P. 91 du dossier de Débat Public) qui viendrait prolonger cette trajectoire et contribuer à terme à la menace pesant sur l’attractivité régionale d’Occitanie face aux grands changements à venir ?.
Si la réduction conséquente des gaz à effets de serre s’avère une urgence pour contenir le réchauffement climatique et éviter une catastrophe sanitaire alors on ne peut autoriser un projet présentant un « bilan sanitaire aussi négatif » pour les riverains et les villages traversés.
Si la protection de zones naturelles sont nécessaires pour le maintien de la biodiversité alors on ne peut autoriser un projet qui porterait atteinte de manière irréversible à la Zone Natura 2000 de Cambounet sur Sor.
Si la justice et l’équité sociale sont plus que jamais nécessaires de respecter alors on ne peut autoriser un projet qui fait fi de ces derniers.
Devant de tels enjeux pourtant clairement identifiés, déclarer d’Utilité Publique un projet autoroutier, par mise en concession, sans vision prospective « …puisque aucun acteur du monde politique et économique n’a présenté de synthèse à même de justifier cette impérieuse nécessité… » (p. 63 – rapport d’Enquête Publique) et évacuer « …par une simple explication d’ordre administratif, le problème de fond qu’il pose en terme d’équité…» (p. 85 -Rapport d’Enquête Publique) ne peut fonder durablement le développement de nos territoires ruraux.
Enfin, au nom de quelle équité sociale et territoriale, pour un même département et deux bassins d’emplois quasi équivalents, est-il possible de faire converger vers un même lieu de péage celui de ’’ l’Union’’ deux autoroutes dont l’une l’A68 ( Albi-Toulouse ) serait réputée la moins chère de France et l’autre l’A 69 (Castres-Toulouse) réputée la plus chère ?
Déclaration ne vaut pas réalisation.
En conséquence l’Association Les Vallons, en soutien aux recours engagés continuera d’agir sur la nécessité d’une comparaison entre l’Aménagement Sur Place de l’existant (RN126) et la mise en concession considérant que des « investissements plus légers et mieux ciblés» en tous points conformes aux avis de l’Autorité environnementale (Ae) et du Commissariat Général à l’investissement (CGI)I seraient plus cohérents pour répondre aux besoins des territoires, des usagers et faire face aux enjeux à venir.
Pour l’association Les Vallons
Le Président : Jacques Carcassès

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