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Evolution de la population de Saint Germain des prés.

Dans le dernier bulletin municipal, je précisais l’identité rurale de Saint Germain des Prés. Aujourd’hui pour prolonger ma recherche, je vous propose, avec l’aide des archives municipales, une réflexion sur l’évolution de la population de notre commune depuis la Révolution jusqu’à nos jours.
Cela peut paraître étonnant, mais le Saint Germain de la fin du XVIIIᵉ siècle et des ¾ du XIXᵉ était plus peuplé qu’aujourd’hui. Le recensement de 1841 indique 1085 habitants répartis dans 190 foyers. Cela représente presque 6 personnes par famille. Cette population répartie sur 17 km 2 environ représente la plus forte densité enregistrée sur la commune, soit 64 h/km 2. Ce n’est pas la démographie naturelle qui a maintenu ce nombre proche de la moyenne nationale (73 h/km 2°) En effet la forte natalité était neutralisée par une mortalité plus forte encore ; l’espérance de vie ne dépassait pas 30 ans. C’est surtout la mortalité infantile qui était calamiteuse : il fallait en moyenne 4 enfants pour obtenir 2 adultes !
Le XIX ° siècle a été très touché par des crises de mortalité très fortes. Plusieurs épidémies ont terriblement impacté le pays et notre commune n’a pas été épargnée : le typhus, la rougeole, la dysenterie et le choléra ont fait des ravages énormes. D’autre part les conditions de vie étaient difficiles. La mauvaise alimentation, l’absence d’hygiène et l’insalubrité des logements ont contribué à aggraver la situation ; c’était aussi un terrain favorable à une autre calamité : la tuberculose.

Non, ce qui a maintenu une forte densité à Saint Germain est surtout dû à la création de nouveaux foyers de peuplement. Les archives municipales affirment la présence de 178 feux pendant la période révolutionnaire. En 1851 on en compte 213 et dix ans plus tard il y en a 220. Rien d’étonnant, ici on a réhabilité des bâtiments anciens, ailleurs, comme à Frescatis (Frescaty), par exemple, dépendant de la propriété de Soulet Haut on a construit vers 1860 une nouvelle métairie.
Directement ou indirectement, c’est l’agriculture qui faisait vivre tout le monde

Ce n’est donc qu’à la fin du XIXᵉ siècle que l’on voit s’installer une longue et lente érosion, elle durera un siècle. Le plus bas niveau enregistré est de 377 habitants à la fin des années 1970 !
Que c’est il passé ? Il faut dire d’abord que les indicateurs démographiques n’ont pas été favorables : la natalité n’a pas cessé de baisser : moindre influence de l’Église et surtout volonté de ne pas devoir diviser le bien foncier lors des héritages familiaux. La mortalité, quant à elle, est restée forte. Ainsi, la population de Saint Germain des Prés a tout naturellement vieilli.
Par ailleurs, la conjoncture économique et sociale a mis en route un processus d’exode rural. Parce que les conditions de vie étaient médiocres, nombre de Saint germinois s’en sont allés vivre en ville pour trouver des conditions de vie plus attractives.
Les filles sont parties les premières pour des emplois de service ou de commerce, puis avec le développement de la mécanisation et de la motorisation, surtout après la seconde guerre mondiale, les hommes ont suivi le mouvement et ont accéléré ce que l’on peut appeler un dépeuplement. En En 1975 la commune a perdu 66% de sa population par rapport à 1860 ! La création d’emplois industriels, commerciaux et artisanaux à Puylaurens, Soual, Labruguière et surtout Castres ont créé un appel de main d’œuvre. Le développement de l’urbanisme social et la démocratisation de l’automobile ont bien facilité cette mutation. À la fin des années soixante il était plus enviable de vivre dans un appartement de type HLM à Castres que dans la vieille ferme familiale, souvent vétuste et insalubre.
L’hémorragie de population s’est arrêtée dans la deuxième moitié des années soixante dix. Elle coïncide avec l’achèvement du remembrement. Le territoire communal va connaître une formidable mutation d’abord dans ses paysages et ensuite dans la structure même de son peuplement

On voit apparaître un nouvel intérêt pour la commune. Il y a des terrains à bâtir disponibles à bas prix. Un premier lotissement voit le jour à Plaisance puis c’est Garrigue Méjane – Bois Grand qui émerge de l’ancien « vignier » désormais en friche. En même temps une nouvelle zone urbanisée émerge à Malacalm- La Grèze. Dans les années 2000 deux autres lotissements s’installent près du chef de lieu de commune à la Bonnetié et si le vieux hameau d’en Teste reste toujours attractif, les autres plus anciens sont plus ou moins abandonnés.
Voyez le changement !
En 1866 la commune comptait 112 fermes isolées.
8 hameaux : En Teste-La Renaudié (27 habitations), Le Colombier qui contenait la mairie et l’école (13 maisons), En Pradelat (11 maisons), En Sarrat (9 maisons) ? Malacalm (8 maisons), En Barre (7 maisons), En Izarn (5 maisons), La Bonnetié (4 maisons)
Quelques demeures de notables, propriétaires, se dressaient à Soulet haut, Farinières, En Valette, En Testou, Le Juge
Certaines métairies sont en ruine ou ont même complètement disparu et il n’en reste qu’un lieu dit.

Aujourd’hui nous avons un habitat toujours dispersé mais plus rationalisé par un plan local d’urbanisme et 4 grand ensembles se détachent :
Le chef lieu de la commune avec 3 lotissements plus un en construction, regroupe le plus d’habitations autour de l’église, la mairie, l’école et la salle des fêtes puis nous avons En Teste élargi, Garrigue Méjane et Malacalm.

Les catégories socioprofessionnelles se sont multipliées et sont aujourd’hui très diversifiées et cette hétérogénéité est très enrichissante. Désormais la plus grande partie des actifs de la commune travaille sur les pôles d’emploi voisins et un nombre non négligeable occupe exerce un métier sur le périmètre toulousain. L’agriculture qui faisait vivre la commune et occupait la quasi-totalité des habitants ne concerne plus qu’une infime minorité de professionnels.

Ainsi, Saint Germain des Prés offre un nouveau visage. La population s’est rajeunie et a fortement augmenté : environ 950 habitants vivent aujourd’hui dans plus de 570 foyers regroupant donc moins de deux personnes. Le nombre d’habitants a retrouvé son niveau d’autrefois mais la structure familiale a fortement évolué. Au début du XXᵉ siècle, 3 voire 4 générations pouvaient vivre sous le même toit, aujourd’hui on n’en compte jamais plus de deux.

La municipalité, les associations et quelques initiatives individuelles comme celle de créer un nouveau lotissement font avancer la commune. Avec ce nouvel espace urbanisé, entre Plaisance et la Bonnetié, le cap des 1000 habitants sera vite dépassé et notre école consolidera ses effectifs. D’autre part, en proposant des moments de détente et des activités de loisirs, les associations donnent des occasions de se rencontrer, de mieux se connaître et d’améliorer ce que l’on appelle communément le « vivre ensemble ». Ainsi, Avec la volonté d’aller de l’avant notre Saint Germain des prés pourra garder sans nul doute un cadre de vie agréable et attractif.

Pierre Escande